01 février 2010

L'I.M.G.

L'I.M.G., l'Interrruption médicale de grossesse peut être indiquée lorsque la grossesse met en danger la vie de la mère, ou lorsque le foetus est atteint d'une maladie grave ou incurable au moment du diagnostic. Elle est  possible en France à tout âge, et jusqu'au terme de la grossesse.

Ma définition serait plutôt une injustice du destin qui nous met face à une épreuve insurmontable,infranchissable...

La force que nous avons en nous est incroyable et insoupçonnable.

L'amour infini que l'on a pour cet enfant que l'on porte, même s'il va nous être enlevé, est le puit où nous puisons notre courage. J'ai vécu cette épreuve  lors de ma première grossesse et comme la plupart des gens, je pensais qu'après 3 mois je ne risquais plus rien :je ne bois pas, je ne fume pas, rien qui pouvait nuire à la santé de mon bébé.

Le plus dur fut la manière dont le médecin spécialiste me l'a annoncé : de BUT en BLANC ! Je devais interrompre ma grossesse car mon bébé n'était pas viable !

.... tout s'effondre autour de moi, je me demande si ce n'est pas un mauvais rêve, je vais me réveiller, mais non ! Et il continue en me demandant ce que je souhaitais faire....

Ma fille avait une grave malformation cardiaque inopérable, que devais-je répondre ??! du plus profond de mon être, une voix retentit et je dis que je voulais tout stopper.J'ai été prise en charge par une équipe du CHU de Bordeaux. Les médecins m'ont expliquée comment ça allait se passer.

J'étais accompagnée de ma mère et je lui en suis très reconnaissante car j'étais complètement perdue, toutes ces informations, ces explications sur le déroulement des différentes étapes de l'IMG nous passent un peu par dessus la tête.

Heureusement l'encadrement hospitalier a été formidable.

le jour J arrive, j'étais à 6 mois de grossesse. L'IMG devait se faire par voix basse. On m'a installée une péridurale très forte car je ne voulais rien ressentir. Je ne voulais pas garder en souvenir l'IMG comme un accouchement normal. On m'a ensuite piquée le ventre (foeticide) afin d'endormir le bébé et qu'il parte sans souffrir. Je ne voulais pas que sa courte existance se termine en douleur. On m'a transportée ensuite dans une salle d'accouchement où l'on m'a donnée des médicaments pour provoquer l'accouchement (3 fois) et après 10 longues heures, ma fille est arrivée.

J'ai voulu la voir, je l'ai portée, c'était un petit être parfait. J'ai éprouvé un mélange de sentiments : de la joie, un amour immense pour ce bébé et en même temps de la tristesse et un desarroi car ce petit bébé dans mes bras était mort...

Pendant mes 3 jours d'hospitalisation, je suis allée la voir tous les jours et je ne me sentais pas si triste mais plutôt heureuse (même) devant ce petit ange.

Le dernier jour fut plus difficile car je devais partir en laissant ma fille et je savais que je ne la reverrai plus,que je ne pourrai plus la porter et la toucher. Elle allait disparaitre à tout jamais.

Une autopsie a été faite et a montré qu'il n'y avait aucune cause génétique dans ce qui était arrivé;Nous pouvions avoir d'autres enfants "sans risques".

Depuis j'ai deux enfants qui illuminent ma vie.

Cette étape difficile m'a fait grandir et comprendre que rien n'est plus fort que l'amour d'une maman, et que perdre un enfant est la chose la plus douloureuse qu'il soit de vivre.

Pour finir, je dirais juste aux mamans qui peuvent rencontrer cette situation, qu'avec le temps la blessure reste toujours là mais qu'on arrive à trouver du positif dans cette épreuve.Alors courage...

                                                           Sylvie, maman de Rachelle...

Posté par cslacolline à 16:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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